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Espagne: une officine au coeur du Parti socialiste embarrasse le gouvernement
information fournie par AFP 05/06/2026 à 13:05

Perquisition au siège du Parti socialiste espagnol (PSOE), à Madrid, le 27 mai 2026 ( AFP / Oscar DEL POZO )

Perquisition au siège du Parti socialiste espagnol (PSOE), à Madrid, le 27 mai 2026 ( AFP / Oscar DEL POZO )

Les révélations se multiplient en Espagne sur une présumée officine chargée au sein du Parti socialiste (PSOE) d'interférer dans les enquêtes visant les proches du Premier ministre, accentuant encore la pression sur Pedro Sánchez, qui a assuré vendredi n'avoir "jamais eu connaissance" d'une telle initiative.

"Je n'ai jamais donné mon aval, je n'ai jamais eu d'informations (et) je n'ai jamais eu connaissance de quoi que ce soit", a affirmé le chef du gouvernement espagnol, également secrétaire général du PSOE, en marge d'un sommet au Monténégro entre l'Union européenne et les pays des Balkans.

L'"affaire Leire Díez", du nom de l'ex-militante socialiste au coeur du dossier, a pris une nouvelle ampleur depuis la perquisition du siège du parti du Premier ministre Pedro Sánchez le 27 mai et la révélation des premiers éléments de l'enquête ouverte depuis plusieurs mois, consultés par l'AFP.

Dernière victime collatérale: Mercedes González, la directrice générale de la Garde civile, dont l'unité d'élite mène les enquêtes les plus complexes et notamment celles visant plusieurs proches du chef du gouvernement.

Selon les enquêteurs, plusieurs rencontres ont eu lieu en 2024 et 2025 entre Mercedes González, ex-militante et élue socialiste nommée à ce poste en 2024 sur proposition du gouvernement, et Leire Díez.

Vendredi, Pedro Sánchez a redit sa "confiance" dans le "professionnalisme" et l'"honnêteté" de la patronne de la Garde civile.

- "Déstabiliser de manière systématique" -

Dans un rare communiqué, la Garde civile avait déjà assuré jeudi soir que sa directrice générale "n'avait jamais pris part à aucune opération contre aucune unité de la Garde civile (...), ni jamais interféré dans aucune enquête menée par des agents de ce corps", tout en reconnaissant que les deux femmes s'étaient bien rencontrées.

L'ex-militante socialiste espagnole Leire Díez, à Madrid, le 4 juin 2025 ( AFP / Thomas COEX )

L'ex-militante socialiste espagnole Leire Díez, à Madrid, le 4 juin 2025 ( AFP / Thomas COEX )

"Ce qu'elle m'a dit, et pour moi c'est ce qui est important, c'est qu'elle n'a eu aucun contact avec Leire (Díez) relatif à la cellule" évoquée par les enquêteurs, a aussi déclaré vendredi matin le ministre de l'Intérieur, Fernando Grande-Marlaska.

Pour les enquêteurs et le juge Santiago Pedraz, c'est toute une organisation structurée qui avait été mise en place autour de Leire Díez et de Santos Cerdán, ex-N.3 du PSOE mis en cause dans d'autres dossiers, notamment pour corruption, qui a nié vendredi son implication dans cette affaire, fustigeant une "campagne médiatique".

Le but de cette cellule selon le magistrat: "Déstabiliser de manière systématique et continue toute procédure judiciaire ou intervention policière susceptible d'avoir un impact, direct ou indirect, sur les intérêts du PSOE ou du gouvernement".

Les enquêteurs situent la montée en régime de ce système au printemps 2024, juste après l'inculpation pour trafic d'influence de Begoña Gómez, l'épouse de Pedro Sánchez.

Quelques mois plus tard, dans une conversation enregistrée entre Leire Díez et d'autres protagonistes du dossier, ces derniers évoquent même alors un mot d'ordre émanant, assurent-ils, du chef du gouvernement lui-même: "Que tout soit nettoyé !".

- "El one" -

Autre point sensible pour le Premier ministre socialiste, certaines conversations rapportées évoquent "El One" ("le Numéro un"), un surnom derrière lequel les enquêteurs voient Pedro Sánchez: "Les références faites à +S+ sont considérées comme évoquant Santos (Cerdán) et, d'autre part, celles faites à +El One+ renverraient au chef du gouvernement", écrivent-ils.

Le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez (d), et son épouse Begoña Gómez, le 13 avril 2026 à Pékin ( POOL / ANDRES MARTINEZ CASARES )

Le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez (d), et son épouse Begoña Gómez, le 13 avril 2026 à Pékin ( POOL / ANDRES MARTINEZ CASARES )

Le Parti populaire (PP, droite) s'est empressé de réclamer des élections anticipées et la démission de Pedro Sánchez, arrivé au pouvoir en 2018 à la faveur d'une motion de censure qui avait fait chuter le gouvernement de droite de Mariano Rajoy... à cause d'un vaste scandale de corruption au sein du PP.

Malgré la multiplications des affaires judiciaires touchant d'anciens très proches - un ancien ministre, sa femme, son frère et même son prédécesseur socialiste José Luis Rodriguez Zapatero, figure très respectée de la gauche espagnole - le chef du gouvernement a pour le moment échappé à cette procédure et a toujours refusé d'avancer les élections, prévues l'an prochain.

Il devrait s'expliquer avant la fin du mois de juin lors d'une déclaration très attendue devant les députés.

D'autres révélations pourraient surgir d'ici là: les investigations se poursuivent et le juge Pedraz vient de demander l'accès à six comptes bancaires du PSOE et d'entreprises avec lesquelles il avait des relations commerciales.

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